Achats et contrats informatiques
Cahier des charges informatique : un contenu utile
Besoins, périmètre, délais, critères et budget : rédiger un cahier des charges informatique clair pour comparer des offres et maîtriser les coûts.
La rédaction Le Cahier du Co-sourcing

Vous devez comparer plusieurs prestataires pour un projet informatique et vous voulez éviter les offres incomparables. Vous allez apprendre à décrire votre besoin, à fixer un périmètre, des délais et des critères, puis à cadrer le budget pour recevoir des propositions que vous pouvez mettre côte à côte.
Décrivez le besoin tel que vos équipes le vivent
Vous partez de l’usage et non de la technique. Vous expliquez qui utilise l’outil chaque jour, dans quel contexte, pour faire quoi et avec quelles contraintes de temps, de lieu et de langue. Vous décrivez les tâches qui posent problème aujourd’hui : les doubles saisies, les fichiers qui circulent par courrier électronique, les accès qui manquent, les pannes qui bloquent la facturation ou la prise de commande. Vous précisez les volumes que vous connaissez : nombre d’utilisateurs, nombre de sites, pics d’activité, documents à reprendre. Vous indiquez aussi ce que vous attendez après la mise en route : moins d’erreurs, un traitement plus rapide, une traçabilité claire, une maintenance comprise par vos équipes. Vous restez concret et vous évitez les termes vagues qui laissent chaque prestataire imaginer une solution différente. Plus votre récit est fidèle au terrain, plus les réponses parlent de votre réalité et moins vous recevez des promesses interchangeables.
Où s’arrête votre périmètre ?
Vous tracez une frontière nette entre ce qui entre dans la mission et ce qui reste chez vous. Vous listez les applications concernées, les postes à équiper, les données à migrer et les interfaces à maintenir avec votre comptabilité ou votre gestion des stocks. Vous indiquez ce que vous excluez : le matériel, la formation avancée, l’assistance en dehors des heures ouvrées, la reprise de l’historique au-delà d’une période que vous définissez. Vous précisez les responsabilités de chacun : qui fournit les accès, qui valide les étapes, qui teste, qui décide en cas d’arbitrage. Vous demandez au prestataire de chiffrer les options séparément afin de comparer le socle commun sans mélanger les variantes. Un périmètre écrit de cette façon vous protège des malentendus et vous donne une base stable pour discuter des délais, des critères et du budget dans la suite du document.
Fixez des délais que vous pouvez contrôler
Vous donnez un calendrier lisible avec des jalons que vous pouvez vérifier. Vous indiquez la date de remise des offres, la période de questions, la date de choix et la date visée pour le démarrage. Vous décrivez les étapes internes qui prennent du temps chez vous : la validation par la direction, la disponibilité des utilisateurs pour les tests, la coupure comptable ou la fermeture annuelle. Vous demandez un calendrier proposé avec des livrables nommés, des réunions de suivi et des critères d’acceptation pour chaque lot. Vous prévoyez une marge pour les ajustements sans tout décaler : une semaine de tests supplémentaires vaut mieux qu’un démarrage forcé. Vous expliquez aussi comment vous gérez les retards : information rapide, plan de rattrapage écrit, point de décision. Un délai réaliste montre aux candidats que vous pilotez le projet et il rend les engagements comparables.
Quels critères vous permettront de comparer les offres ?
Vous annoncez avant l’envoi comment vous allez noter les offres et avec quel poids pour chaque axe. Vous distinguez la compréhension du besoin, la qualité de la méthode, les références dans un contexte proche du vôtre, les délais proposés et le coût complet sur une durée que vous fixez. Vous demandez des réponses structurées de la même façon : présentation de l’équipe, calendrier détaillé, hypothèses, risques et mesures prévues. Vous pouvez consulter la plateforme eProcurement du BOSA pour voir comment les acheteurs publics formalisent leurs consultations et leurs échanges avec les candidats. Vous prévoyez une grille simple, avec des notes et un commentaire court par critère, afin que la décision reste traçable devant votre direction. Vous écartez les critères flous qui favorisent le discours commercial et vous gardez des points observables dans les écrits remis.
Posez le budget sans figer la négociation
Vous cadrez le volet budgétaire pour recevoir des chiffres exploitables. Vous indiquez une enveloppe ou une fourchette, la durée prise en compte et ce qui doit être inclus : licences, mise en œuvre, migration, formation, support et évolutions mineures. Vous imposez un cadre de prix unique : un tableau avec les mêmes lignes pour tous, des prix unitaires pour les jours et les options, et le coût de sortie si vous changez de prestataire. Vous lisez ce cadre à l’aide du guide pour la lecture d’un devis afin de repérer les frais récurrents et les prestations facturées à part. Vous demandez les hypothèses de chiffrage et les conditions de révision afin de comprendre ce qui ferait varier la facture. Vous refusez les totaux globaux sans détail parce qu’ils empêchent toute comparaison sérieuse et toute discussion ultérieure sur le périmètre.
Demandez des offres lisibles et comparables
Vous imposez la forme de la réponse pour gagner du temps lors de l’analyse. Vous fixez un plan obligatoire, un nombre maximal de pages pour la partie technique, et un dossier financier séparé qui reprend votre tableau de prix. Vous exigez un résumé opérationnel qui explique en langage clair ce qui sera fait, par qui et dans quel ordre. Vous demandez les noms des intervenants pressentis, leur disponibilité et la façon dont ils travailleront avec vos équipes au quotidien. Vous pouvez situer cet effort dans votre réflexion plus large grâce au guide de l’externalisation pour les PME qui décrit les montages possibles et leurs effets sur le contrat. Vous prévoyez une séance de questions écrites avec des réponses partagées à tous afin que chaque candidat dispose de la même information. Des offres calibrées de cette façon se comparent ligne à ligne et limitent les écarts d’interprétation.
Préparez la décision et le suivi dès l’écriture
Vous terminez le cahier des charges par la vie du contrat après le choix. Vous décrivez les indicateurs que vous suivrez : délais tenus, incidents résolus dans les délais convenus, disponibilité, qualité des livrables. Vous fixez les réunions de pilotage : réunion de lancement, point hebdomadaire pendant le projet, comité mensuel ensuite, avec un ordre du jour et un compte rendu. Vous définissez les conditions de réception, les corrections dues et les modalités de sortie : transfert des données, documentation à jour, période d’accompagnement. Vous indiquez les pièces à fournir et la personne à contacter pour les questions pendant la consultation. Un document qui anticipe le suivi envoie un signal clair aux candidats : vous attendez un engagement vérifiable et vous saurez le mesurer.
La page citée correspond à BOSA eProcurement. La page BOSA eProcurement ne publie pas de modèle de cahier des charges.
Vous pouvez reprendre votre projet de cahier des charges, vérifier chaque section avec un utilisateur de terrain, puis ajuster le périmètre et la grille de notation avant l’envoi aux prestataires.